Refroidissement des relations entre une partie de l’opinion camerounaise et les autorités de la transition du Gabon

Steeve Akam –rien à voir avec le regretté Armand Akam  naguère bien connu dans le monde de la presse gabonaise-  Il y a de cela trois semaines, il a été obligé de quitter, manu-militari, le territoire gabonais, puis et livré aux autorités de son pays, le Cameroun. L’homme qui se faisait appeler Ramon Cotta- du nom d’un célèbre chef de la mafia- est accusé de mener des activités subversives à travers les réseaux sociaux contre son pays. On lui prête même les intentions d’avoir voulu  y mener une lutte de libération nationale en ayant comme base-arrière le territoire gabonais. Tout n’a pas l’air d’avoir plu aux autorités de la Transition gabonaise. Et pour cause, pense-t-on à Libreville ; cela risquait de contribuer à une dégradation des relations entre les deux Etats, au moment où le Gabon déploie une diplomatie tous azimuts pour sortir de l’isolement dans  lequel le coup d’Etat militaire du 30 août 2023 dernier l’ont plongé.

L’homme aux desseins ultrarévolutionnaires a donc été éconduit, tel un malpropre, vers son pays natal où le pouvoir en place a été très heureux de le recevoir. Jusqu’à ce jour, nul ne sait quel sort lui –t-on réservé.  Une partie de l’opinion publique camerounaise s’en inquiète et se mobilise. Organisations de défense des droits de l’homme, partis politiques, notamment ceux se réclamant de l’opposition au régime de Paul Biya, la presse libre et indépendante, tous sont en éveil.

Dans un communiqué signé récemment par Maurice Kamto, le Président du MRC, l’une des principales formations politiques de l’opposition, son leader craint que Steeve Akam subisse le sort qui a été réservé à Martinez Zogo, ce journaliste indépendant retrouvé assassiné dans des conditions effroyables, pas très loin de Yaoundé. De grosses légumes du monde politico- médiatique, affairiste et militaire ont été interpellées et écrouées . L’affaire reste pendante au Tribunal militaire de Yaoundé. Dans son communiqué Maurice Kamto écrit « Voilà plusieurs semaines que Monsieur Steeve Akam, alias Ramon Cotta a été livré aux autorités camerounaises par les Autorités du Gouvernement de Transition de la République sœur du Gabon, en violation des traités internationaux, dans des conditions rocambolesques et inhumaines à la frontière entre nos deux pays. La courte vidéo en circulation sur cette extradition fait froide dans le dos. On y voit M ; Steeve Akam pétrifié, ce qui atteste de sa torture, au moins psychologique » 

 Après avoir rappelé ce  qu’ont subi les militants de son parti dans les mêmes circonstances et conditions, le Président du MRC conclut « Le MRC regrette que les autorités de transition de la République du Gabon aient accepté de contribuer à un tel fait internationalement illicite et insiste sur le fait que les ressortissants de nos pays respectifs doivent être traités avec une égale humanité et dans le respect de leurs droits fondamentaux et de leur dignité. Le Gabon, pays frère, ne saurait être fier de tout ce qu’aurait subi, est en train de subir, ou de ce qu’il adviendrait à monsieur Steeve AKAM »

L’affaire n’a pas fini de défrayer la colonie.

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